La césarienne programmée ne réduit pas les risques d'une grossesse gémellaire

La programmation d’une césarienne en cas de grossesse gémellaire ne réduit pas davantage le risque de complications que celle d’un accouchement par voie basse, selon une étude publiée dans la revue médicaleNew England Journal of Medicine, qui remet en cause une pratique courante.

Une césarienne programmée ne réduit pas les risques de complications en cas de grossesse gémellaire.

Attendre des jumeaux comporte plus de risques pour la santé de la mère et des bébés qu’attendre un seul bébé. Pour prévenir d’éventuelles complications, il est fréquent que les gynécologues-obstétriciens programment une césarienne, malgré l’absence de preuves attestant de la supériorité de cette approche.Devant l’augmentation du recours à la

césarienne programmée en cas de

grossesse gémellaire, des chercheurs canadiens ont mené une étude comparant le risque de mortalité fœtale ou néonatale, ou de morbidité sévère à la naissance (fracture, lésion neurologique, hémorragie sous-durale ou intracrânienne, coma, convulsion, besoin d’une assistance respiratoire…), selon que l’accouchement faisait suite à un accouchement par voie basse programmé ou à une césarienne programmée. La condition au recrutement des participantes : que l’un des deux bébés se présente par la tête. Quelle que soit la méthode choisie, l’accouchement devait être prévu entre 37 semaines et 5 jours de grossesse et 38 semaines et 6 jours de grossesse.Les chercheurs ont ainsi recruté 1 398 femmes pour lesquelles était prévue une césarienne, et 1 406 femmes pour lesquelles était programmé un accouchement par voie basse. Le taux de césarienne effectivement réalisé a atteint 90,7 % dans le premier groupe, et 43,8 % dans le second, dont les deux tiers réalisées au cours du travail.Les auteurs n’ont observé aucune différence en termes de mortalité et de morbidité entre les deux voies d’accouchement, de l’ordre de 2 %, rapportent-ils. S’ils ont effectivement observé un plus grand risque pour le

jumeau né en second, comme avaient déjà permis de le constater d’autres études, la planification d’une césarienne n’a pas permis de réduire ce risque.Ils concluent que dans les cas de grossesse gémellaire de 32 semaines à 38 semaines et 6 jours, lorsque le premier bébé est en présentation céphalique  (se présente par la tête), une césarienne planifiée n’a aucun intérêt par rapport à un accouchement par voie basse, planifié.Amélie Pelletier
Source
A randomized trial of planned cesarean or vaginal delivery for twin pregnancy“, New England Journal of Medicine 2013, 369: 1295-1305, 3 octobre 2013 (

étude en ligne).

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